Important vase d'inspiration extrême-orientale en grès de Madeleine Sougez pour Primavera, France (vers 1922-23)..Notable vase by Madeleine Sougez for Primavera, France (circa 1922-23)
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Madeleine Sougez (1891-1945) pour Primavera (1912-1972) (éditeur)
Important vase balustre à épaule ramassée
Grès à couverte manganèse violine légèrement craquelée
Modèle d'inspiration orientale à décor de pastilles sur l'épaule, col ourlé
Marque au revers au cachet "Primavera"
Manufacture de Sainte-Radegonde, Touraine, France
Vers 1922-23
Cette œuvre est présentée dans Mimèsis, rejouer un répertoire [S'orienter, Acte 1] premier acte de notre cycle d'expositions en lignes S'orienter, un cycle sur le japonisme et ses vies
※ Ce vase est une merveille à tous points de vue; sa forme, un profil balustre poussé dans ses limites, est une citation des poteries anciennes de la Chine relues ensuite par la tradition nippone. L'épaulement est fortement souligné, et dessine une surface presque plane sur laquelle quatre grosses pastilles rythment la surface, réminiscences des passants qui ornaient les jarres anciennes. Produit dans la fabrique de Sainte-Radegonde en Touraine, ce vase est une hybridation féconde entre un présent avide de beauté et un passé millénaire, il résonne comme un formidable passager clandestin de son présent Art Déco : On peine à saisir l'espace-temps où il s'inscrit et à bien y regarder, c'est la cosmologie chinoise qui est mobilisée à son endroit, la calotte de son épaule est comme la terre dont les quatre points cardinaux sont figurés, la panse est une rotondité forte évoquant le ciel. La base, étroite, solide, stable est comme l'union des deux espaces primordiaux.
N'y voyez nullement une fantaisie de ma part, tout dans ce vase évoque cette connivence à la céramique orientale, au-delà de la forme qui sera régulièrement reprise dans l'empire du Milieu sous les dynasties Ming et Qing dans les poteries dites de Martaban, la couverte est une véritable citation elle-aussi. Ce remarquable nappage fait cohabiter violine, aubergine, lie de vin, bleu profond, teintes qui marquèrent les fours de Jingdezhen sous la dynastie Qing. La couverte inonde la forme, elle en souligne le dessin, en magnifie les surfaces, elle vibre de la cuisson, appesantie, elle glisse et caresse les surfaces en nourrissant nos surprises de regardeurs. On y décèle de subtiles teintes crème, des bleus flamboyants, des rouges éteints, des sursauts de manganèse, rien n'y est figé, le feu semble encore lécher la pièce qui étincelle, qui ruisselle comme en une vaine tentative de fixer pour l'éternité la liquidité de la fusion : la magie du feu.
Dimensions
Ø 34 x H 27 cm
Condition
Excellent état
Bibliographie
Pour en savoir plus sur Primavera:
Augustin David, Jean-Louis Gaillemin, Céramiques de l'Atelier Primavera 1912-1960, Éd. Le Passage, Paris, 2015
Primavera, l'éclosion de la céramique moderne, Galerie Anne-Sophie Duval, Paris, 2013.
Pour en savoir plus sur Madeleine Sougez, voir in Alain-René Hardy, Gérard Tatin, Primavera, l'Atelier d'art du Printemps, 1912-1972, Éd. Faton / Vingtième Plus, Paris, 2014 pp. 345 et s.
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Madeleine Sougez (1891-1945) for Primavera (1912-1972) (editor)
Important baluster vase
Slightly cracked purple manganese stoneware glaze
Japanese-inspired model with decoration of spots on the shoulder, hemmed collar
Marked incised on the reverse “Primavera”
Sainte-Radegonde factory, Touraine, France
Around 1922-23
Dimensions
Ø 34 x H 27 cm
This work is presented in Mimesis, replaying a repertoire [Orienting oneself, Act 1], the first act of our online exhibition cycle Orienting oneself: a series on Japonisme and its lives
※ This vase is a marvel in every respect; its shape, a baluster profile pushed to its limits, is a nod to ancient Chinese pottery. The shoulder is strongly emphasized, creating an almost flat surface upon which four large discs rhythmically punctuate the surface, reminiscent of the figured figures that adorned ancient jars. Produced in the Sainte-Radegonde factory in Touraine, this vase is a fruitful hybrid of a present yearning for beauty and a millennia-old past; it resonates like a formidable stowaway in its Art Deco present: one struggles to grasp the space-time in which it is inscribed, and on closer inspection, it is Chinese cosmology that is invoked here. The dome of its shoulder is like the earth, with its four cardinal points represented; the body is a strong roundness evoking the sky. The base, narrow, solid, and stable, is like the union of the two primordial spaces. Don't mistake this for mere whim; everything about this vase evokes a connection to Chinese ceramics. Beyond the form, which would be regularly reused in the Middle Kingdom during the Ming and Qing dynasties in the so-called Martaban pottery, the glaze is itself a true homage. This remarkable glaze brings together violet, aubergine, wine lees, and deep blue—hues that marked the kilns of Jingdezhen during the Qing dynasty. The glaze floods the form, emphasizing its design, magnifying its surfaces, and vibrating with the heat of the firing process. Weighted, it glides and caresses the surfaces, delighting the viewer. Subtle cream hues, flamboyant blues, muted reds, bursts of manganese can be discerned; nothing is fixed, the fire still seems to lick the piece which sparkles, which flows as if in a vain attempt to fix for eternity the liquidity of the fusion: the magic of fire.
Condition
Excellent
Bibliography
To know more about Primavera:
Augustin David, Jean-Louis Gaillemin, Céramiques de l'Atelier Primavera 1912-1960, Éd. Le Passage, Paris, 2015
Primavera, l'éclosion de la céramique moderne, Galerie Anne-Sophie Duval, Paris, 2013.
To know more about Madeleine Sougez, see in Alain-René Hardy, Gérard Tatin, Primavera, l'Atelier d'art du Printemps, 1912-1972, Éd. Faton / Vingtième Plus, Paris, 2014 pp. 345 & s.
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Cette œuvre fait partie de notre focus Primavera : il faut toujours un hiver pour bercer un printemps dont voici un extrait:
Notre chemin commence à la rencontre d'un vase remarquable dessiné vers 1922-23 par celle qui est alors responsable -directrice artistique dirait-on aujourd'hui- de l'atelier Primavera, Madeleine Sougez (1891-1945).
Artiste éclectique, amie et condisciple de René Buthaud, qu'elle fera bientôt venir à la fabrique du Printemps de Sainte-Radegonde comme conseiller technique, Sougez marque les début de Primavera en insufflant un élan et une variété de regard unique pour l'époque. On lui doit, certains des attachants modèles réalisés en Alsace à Soufflenheim pour Primavera, certains des vases d'inspiration persane produits en grès en Touraine mais aussi les remarquables vases à décor moderniste décorés à l'engobe qui servirent de couverture au catalogue de mon exposition de 2015. C'est elle qui fait du cirque un élément du répertoire jusqu'à son passage de relais à son départ de Primavera en 1928.
Ce vase que nous présentons aujourd'hui est une merveille à tous points de vue; sa forme, un profil balustre poussé dans ses limites, est une citation des poteries anciennes de la Chine. L'épaulement est fortement souligné, et dessine une surface presque plane sur laquelle quatre grosses pastilles rythment la surface, réminiscences des passants qui ornaient les jarres anciennes. Produit dans la fabrique de Sainte-Radegonde en Touraine, ce vase est une hybridation féconde entre un présent avide de beauté et un passé millénaire, il résonne comme un formidable passager clandestin de son présent Art Déco : On peine à saisir l'espace-temps où il s'inscrit et à bien y regarder, c'est la cosmologie chinoise qui est mobilisée à son endroit, la calotte de son épaule est comme la terre dont les quatre points cardinaux sont figurés, la panse est une rotondité forte évoquant le ciel. La base, étroite, solide, stable est comme l'union des deux espaces primordiaux.
N'y voyez nullement une fantaisie de ma part, tout dans ce vase évoque cette connivence à la céramique chinoise, au-delà de la forme qui sera régulièrement reprise dans l'empire du Milieu sous les dynasties Ming et Qing dans les poteries dites de Martaban, la couverte est une véritable citation elle-aussi. Ce remarquable nappage fait cohabiter violine, aubergine, lie de vin, bleu profond, teintes qui marquèrent les fours de Jingdezhen sous la dynastie Qing. La couverte inonde la forme, elle en souligne le dessin, en magnifie les surfaces, elle vibre de la cuisson, appesantie, elle glisse et caresse les surfaces en nourrissant nos surprises de regardeurs. On y décèle de subtiles teintes crème, des bleus flamboyants, des rouges éteints, des sursauts de manganèse, rien n'y est figé, le feu semble encore lécher la pièce qui étincelle, qui ruisselle comme en une vaine tentative de fixer pour l'éternité la liquidité de la fusion : la magie du feu.
Pour découvrir davantage sur l'atelier Primavera, lisez notre article L'autre face de la Lune, le japonisme chez Primavera et découvrez les archives de notre exposition de 2015 au Printemps à Paris, Céramiques de l'atelier Primavera (1912‑1960)
