Remarquable vase en grès japoniste de Nils de Barck à Saint‑Amand‑en‑Puisaye, France (vers 1895-1900)..Oustanding Carriès school japonisme stoneware vase by Nils de Barck in Puisaye, France (circa 1895-1900)
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École de Carriès
Nils de Barck (Suède, 1863-1930)
Rare et remarquable vase
Forme ovoïde à col droit
Grès à couverte mate en un subtil camaïeu de bruns, ocres et bleus pâles
Signature manuscrite "Nils de Barck" sous la base et mentions "14 vert Xe int." et "XI"
Saint-Amand-en-Puisaye, France
Vers 1895-1900
Cette œuvre est présentée dans Je est un autre, le Japon Imaginal [S'orienter, Acte 4] quatrième et dernier acte de notre cycle d'expositions en ligne S'orienter, un cycle sur le japonisme et ses vies
※ Cette œuvre d'une radicalité certaine est un jalon manquant dans les collections nationales française, notamment dans les collection du Musée d'Orsay, où elle articulerait les rapports étroits et féconds entre l'avant-garde artistique issue de l'impressionnisme, la mouvance du japonisme et la scène unique formée par les artistiques nordiques à Paris et à Grez-sur-Loing.
Issu d’une ancienne famille aristocratique suédoise, Nils de Barck naît à Malmö en 1863 avant de venir très tôt en France, où il trouve le milieu artistique qui devait profondément orienter sa vie. Peintre à ses débuts, il fréquente les cercles d’artistes et de collectionneurs de son temps, nouant des amitiés qui nourrissent sa curiosité et son goût pour les arts décoratifs.
Comme beaucoup de créateurs de sa génération, il est gagné par la fascination pour le Japon. L’attention portée aux formes simples, aux accidents de la matière, aux émaux et à la beauté des objets imparfaits trouve chez lui un écho particulier. Mais c’est sa rencontre avec l’œuvre de Jean Carriès qui donne à cette curiosité une direction nouvelle. Ébloui par les recherches du sculpteur-céramiste et par les grès qu’il découvre à Paris, de Barck comprend dans cette matière une liberté qui lui permet de dépasser la peinture et de faire de la terre le lieu d’une véritable recherche artistique.
Après la disparition prématurée de Carriès, en 1894, Nils de Barck poursuit cette aventure à Saint-Amand-en-Puisaye, au cœur de la tradition potière bourguignonne. Il y développe un langage personnel, nourri à la fois de l’héritage de Carriès, de la découverte des céramiques japonaises et de son observation attentive des potiers. Ses grès privilégient les volumes essentiels, les surfaces vivantes et les accidents de cuisson, faisant de l’émail et du feu des collaborateurs à part entière de l’artiste.
Sa production, demeurée relativement rare, témoigne ainsi d’un moment singulier de l’histoire de la céramique française : celui où, sous l’influence du Japon et dans le sillage de Carriès, le grès cesse d’être considéré comme une simple matière utilitaire pour devenir un véritable moyen d’expression artistique.
En 1900, son travail est distingué à l’Exposition universelle de Paris. Plus tard, son attachement à Carriès le conduit à acquérir à Saint-Amand-en-Puisaye le château de Montriveau ainsi que l’ancien atelier du maître. Ce geste, autant artistique que symbolique, inscrit définitivement de Barck dans la filiation de celui dont l’œuvre avait, quelques décennies auparavant, ouvert pour lui le chemin du grès.
Bibliographie
Une œuvre similaire est conservée au Musée national de Stockholm sous le numéro d'inventaire NMK 31/1901.
Sur la scène des artistes nordiques en France à la charnière des XIXe et XXe siècle voir Vibeke Röstorp, Le mythe du retour : les artistes scandinaves en France de 1889 à 1908, Stockholm universiteit förlag, 2013
Sur l'artiste :
Patricia Monjaret & Marc Ducret, L'art de la céramique à Saint-Amand-en-Puisaye (1888-1940), L'école de Carriès, Editions de l'Amateur, 1997, voir le chapitre consacré à Nils de Barck
Emmanuel Nesly Grès de Puisaye de Jean Carriès à nos jours, Auto édition, 2026, voir le chapitre consacré à Nils de Barck
Pour en savoir plus sur la mouvance et les suites de la mouvance de Jean Carriès redécouvrez le focus en ligne Après Carriès, penser autrement dont le livret est à découvrir ici.
Dimensions
H 35 x Ø 19 cm
Condition
Très bon état d'usage, le fond anciennement percé, un saut d'émail minime restauré sur la panse par une restauratrice diplômée de l’Institut National du Patrimoine
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Nils de Barck (Sweden, 1863–1930)
Rare and remarkable vase
Ovoid shape with a straight neck
Stoneware with a matte glaze in a subtle palette of browns, ochres, and pale blues
Handwritten signature "Nils de Barck" on the underside, along with the inscriptions "14 vert Xe int." and "XI"
Saint-Amand-en-Puisaye, France
Circa 1895–1900
This work is presented in I is another, Imaginal Japan [Orienting oneself, Act 4], fourth and last act of our online exhibition cycle Orienting oneself: a series on Japonisme and its lives
※ This radical work represents a missing link in French national collections—particularly those of the Musée d'Orsay—where it would illustrate the close and fruitful connections between the artistic avant-garde that emerged from Impressionism, the Japonisme movement, and the unique artistic scene formed by Nordic artists in Paris and Grez-sur-Loing.
Born in Malmö in 1863 into an old Swedish aristocratic family, Nils de Barck moved to France at an early age, where he found the artistic milieu that would profoundly shape his life. Initially a painter, he frequented the circles of artists and collectors of his time, forging friendships that nurtured his curiosity and taste for the decorative arts.
Like many creators of his generation, he was captivated by Japan. He felt a particular affinity for the focus on simple forms, the irregularities of the material, glazes, and the beauty of imperfect objects. However, it was his encounter with the work of Jean Carriès that gave this curiosity a new direction. Struck by the sculptor-ceramist’s experiments and the stoneware pieces he discovered in Paris, de Barck saw in the medium a freedom that allowed him to move beyond painting and make clay the site of genuine artistic exploration.
Following Carriès’s untimely death in 1894, Nils de Barck continued this journey in Saint-Amand-en-Puisaye, at the heart of the Burgundian pottery tradition. There, he developed a personal style informed by Carriès’s legacy, his discovery of Japanese ceramics, and his close observation of local potters. His stoneware works emphasize essential forms, lively surfaces, and firing irregularities, effectively making glaze and fire full partners in his artistic process.
His body of work—which remains relatively rare—bears witness to a unique moment in the history of French ceramics: a time when, under Japanese influence and in the wake of Carriès, stoneware ceased to be viewed merely as a utilitarian material and became a true medium for artistic expression.
In 1900, his work was recognized at the Paris World’s Fair. Later, his attachment to Carriès led him to acquire the Château de Montriveau and the master’s former studio in Saint-Amand-en-Puisaye. This gesture—at once artistic and symbolic—firmly established de Barck’s place in the lineage of the artist whose work had, decades earlier, opened the path to stoneware for him.
Bibliography
For the scene involving Nordic artists in France at the turn of the 20th century, see Vibeke Röstorp, Le mythe du retour : les artistes scandinaves en France de 1889 à 1908, Stockholm University Press, 2013.
On the artist:
Patricia Monjaret & Marc Ducret, L'art de la céramique à Saint-Amand-en-Puisaye (1888-1940), L'école de Carriès, Éditions de l'Amateur, 1997 ; see the chapter dedicated to Nils de Barck.
Emmanuel Nesly, Grès de Puisaye de Jean Carriès à nos jours, self-published, 2026 ; see the chapter dedicated to Nils de Barck.
To know more about the Post-Carriès movement have a look to our article Après Carriès, penser autrement.
Dimensions
H 35 x Ø 19 cm
Condition
Very good condition; base with an old hole, a minor chip in the glaze on the body has been restored by a conservator-restorer holding a diploma from the Institut National du Patrimoine.
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