Remarquable vase en grès sang de boeuf d'Alain Gaudebert, France (vers 2000)..Stoneware oxblood glaze bottle vase by Alain Gaudebert, France (circa 2000)
€ 600.00
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Alain Gaudebert (né en 1937)
Remarquable vase-bouteille en grès
Couverte dite "sang de bœuf"
Signature "AG" manuscrite peu lisible sous la base
Saint-Aubin-Château-Neuf, Yonne, France
Vers 2000-2010
Cette œuvre est présentée dans Mimèsis, rejouer un répertoire [S'orienter, Acte 1] premier acte de notre cycle d'expositions en lignes S'orienter, un cycle sur le japonisme et ses vies
※ Ce pot remarquable semble d'abord sans âge et origine et c'est ce qui fait sa puissance. Sort-il d'une collection de chef-d'œuvres de la Chine des Qing? Est-il anglais? Sort-il des mains de Vassil Ivanoff ? Est-il une des opiniâtres quêtes d'un potier scandinave de se lier à l'Orient ?
Il est une œuvre du formidable Alain Gaudebert qui jusqu’à aujourd’hui consacre sa vie à la terre et au feu. En s'appuyant sur ce légendaire émail d'origine chinoise mais qui a essaimé en Asie, l'artiste offre une véritable vision de l'importance de l'interprétation renouvelée des formes issues de répertoires anciens. Il nous donne à voir et à saisir ce qu'une telle reprise déploie. Comme en musique, une reprise c'est une partition rejouée, un futur réinventé à partir du passé, une nouvelle vie actualisée et par cet exercice qui s'apparente presque à un exercice spirituel, c'est une infinie constellation qui est convoquée et rappelée à notre sensibilité dans le présent.
Dimensions
H 15 cm
Condition
Excellent état
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Alain Gaudebert (born 1937)
Remarkable stoneware bottle-vase
Celadon-style glaze
Handwritten signature "AG," under the base
Saint-Aubin-Château-Neuf, Yonne, France
Circa 2000-2010
This work is presented in Mimesis, replaying a repertoire [Orienting oneself, Act 1], the first act of our online exhibition cycle Orienting oneself: a series on Japonisme and its lives
※ This remarkable pot initially appears timeless and of no particular origin, and this is precisely what gives it its power. Does it come from a collection of Qing dynasty masterpieces? Is it English? Did it come from the hands of Vassil Ivanoff? Is it one of the tenacious quests of a Scandinavian potter to connect with the East?
It is a work by the formidable Alain Gaudebert, who to this day dedicates his life to clay and fire. Drawing on this legendary glaze of Chinese origin, which spread throughout Asia, the artist offers a true vision of the importance of the renewed interpretation of forms from ancient repertoires. He allows us to see and grasp what such a reinterpretation unfolds. As in music, a cover version is a score replayed, a future reinvented from the past, a new life updated, and through this exercise, which is almost akin to a spiritual exercise, an infinite constellation is summoned and brought to our attention in the present.
Dimensions
H 15 cm
Condition
Excellent condition
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La démarche céramique d’Alain Gaudebert puise dans une énergie originelle, proche des premières expressions humaines. Né en 1937 à Paris dans un milieu artistique, il s’oriente vers la création dans les années 1970 et se consacre depuis lors pleinement à la céramique dans son atelier de l’Yonne, où il construit son propre four à bois à flamme renversée.
Son œuvre, abondante et variée, explore de nombreuses formes, des pièces de formes aux pièces sculpturales qui avec le temps évolue vers des créations plus autonomes, massives et expressives, inspirées de forces naturelles et de l’alchimie de la matière en métamorphose.
C'est à partir des années 2000, qu'il développe des séries marquées par une esthétique brute et verticale, évoquant des paysages ou des fragments issus d’un monde en fusion. Sa maîtrise des cuissons et des émaux donne naissance à des surfaces riches, aux couleurs intenses et aux textures complexes dans lesquelles on retrouve -lovées dans un lointain - de rares citations de tradition orientales.
C'est ainsi qu'a sa manière singulière il reprend parfois le flambeau de la lignée d'artistes ayant cherché une communion avec le très fameux émail rouge dit "sang de bœuf".
L'émail sang de bœuf, ou glaçure sang de bœuf, est un émail céramique d'un rouge profond, apparu pour la première fois sur la porcelaine chinoise Qing au début du XVIIIe siècle.
Le sang de bœuf faisait partie des nouveaux émaux flambés, caractérisés par des effets imprévisibles mais très décoratifs et variés, développés dans les fours à porcelaine de Jingdezhen sous le règne de Kangxi (1662-1722). Selon Suzanne Valenstein dans son A handbook of Chinese ceramics : « Dans ses plus beaux exemples, cet émail spectaculaire donne l'impression de regarder à travers une couche superficielle limpide, légèrement craquelée et parsemée d'innombrables bulles, révélant la couleur sous-jacente. »
Comme pour la plupart des émaux rouges chinois, le principal colorant est l'oxyde de cuivre, cuit en atmosphère réductrice (sans oxygène) ; une finition en atmosphère oxydante faisait probablement partie du processus.
À partir de la fin du XIXe siècle, et généralement après de longues expérimentations, de nombreux potiers occidentaux ont à leur tour produit des versions de l'émail chinois, techniquement très difficile à réaliser et à maîtriser. Au XIXe siècle, divers potiers occidentaux, notamment au sein du mouvement naissant de la céramique d'art, ont tenté de copier l'émail chinois, qui avait acquis une grande renommée, mais ont constaté qu'il était très difficile de le reproduire, que ce soit en porcelaine ou en grès. En France, la manufacture de porcelaine de Sèvres a commencé à expérimenter en 1882. Ernest Chaplet est parvenu à le fabriquer en 1885, grâce au soutien financier de Haviland & Co., et Pierre-Adrien Dalpayrat a également réussi à en créer une version. En puisaye, Eugène Lion reprendra cette ambition à partir d'une recette personnelle qui aboutira à une variation davantage lie de vin. À la Borne, Vassil Ivanoff arpentera la quête du sang de bœuf dans une large part de son œuvre phénoménale.
Dans le monde anglo-saxon, l'Américain Hugh C. Robertson, de la Chelsea Keramic Art Works à Chelsea, dans le Massachusetts, s'est intéressé aux émaux orientaux après les avoir vus à l'Exposition de Philadelphie de 1876, et cette « obsession pour les émaux » allait le caractériser pour le reste de sa carrière. Il mit finalement au point une version du sang de bœuf en 1888, qu'il surnomma Sang de Chelsea, mais l'année suivante, « presque ruiné par ses coûteuses expériences avec l'émail sang de bœuf », il ferma sa poterie. En Angleterre, la poterie Ruskin de Smethwick obtint un émail vers 1900 ; toutes leurs formules furent délibérément détruites lors de la fermeture de la poterie en 1935. En Scandinavie, après une longue et prolifique carrière c'est le suédois Stig Lindberg qui consacrera la fin de sa vie à la redécouverte de cet émail légendaire.
